Les anciennes geôles de Caulnes

Le bar-restaurant LE TRISKEL situé rue de Dinan s'appelait autrefois l'HOTEL DE FRANCE. Son hospitalité s'avère un peu spécifique car jusqu'à la Révolution il abritait les geôles de Caulnes….

Celles-ci sont encore visibles aujourd'hui (elles servent de caves). 

Visite est possible s en dehors des heures de services du restaurant (demande à faire directement au bar).

 

La justice avant la révolution


La justice seigneuriale, distinguée en haute, moyenne et basse justice, constitue un mode d'organisation médiéval du système judiciaire. On estime à environ 20 000 à 30 000 le nombre des cours de justice seigneuriale dans tout le royaume de France à la veille de la Révolution.

Elles constituaient la base de l'organisation judiciaire, avec les prévôtés (justices royales subalternes), supprimées pour ces dernières au milieu du XVIIIe siècle. On distingue trois degrés de justice seigneuriale,

 §Justice haute (ou haute justice) : le seigneur (ou plus exactement le juge seigneurial) peut juger toutes les affaires et prononcer toutes les peines, dont la peine capitale, celle-ci ne pouvant toutefois être exécutée qu'après confirmation par des juges royaux (appel obligatoire, porté devant les parlements). La haute justice jouit de la plénitude de juridiction au civil comme au pénal.

 Justice moyenne (ou moyenne justice) : le seigneur peut juger les rixes, injures et vols. Les délits ne peuvent être punis de mort. Pratiquement, la moyenne justice joue un rôle important au civil, notamment en matière de successions et de protection juridique des intérêts des mineurs : apposition de scellés, inventaire des biens des mineurs, nomination des tuteurs, etc.

 Justice basse (ou basse justice):  le seigneur peut juger les affaires relatives aux droits dus au seigneur, cens, rentes, exhibitions de contrats et héritages sur son domaine. Il s'occupe aussi des délits et amendes de faibles valeurs (dégâts des bêtes, injures, amendes inférieures à 7 sols 6 deniers). Il doit posséder sergent et prison afin d'y enfermer tout délinquant avant de le mener au haut justicier. 

La haute et moyenne justice sur Caulnes est exercée par le seigneur de Couellan avec auditoire et geôle à Caulnes dans le bâtiment aujourd'hui occupé par le bar-restaurant Le Triskel.

 Le seigneur de Couellan peut ainsi condamner au carcan, à la fustigation (fouet), à la mutilation, au bannissement ou à la marque. Deux autres seigneuries exercent la moyenne justice sur Caulnes: Coëtcouvran et l'Ecoublière. La Ville Gate et La Ville Couvé disposent des droits de basse justice.

Les geôles de Caulnes

Quelques juridictions voisines dont celle du Lattay en Guenroc, ne disposant pas de geôles  utilisaient celles de Caulnes pour héberger leurs prévenus,

Les cellules des geôles de Caulnes qui subsistent encore  permettent de se faire une idée des conditions d'incarcération au 17e et 18e siècles : en mars 1743, Joseph Legarçon agé de 40 ans décède chez le geôlier Mathurin Guillouet. 10 ans plus tard, en novembre 1754, un dénommé Urbain Deschamps âgé de 40 ans y décède également.